Archives de catégorie : Dispositifs

Intervention #1 (Les Sirènes)

2018

« L’idéologie “agit” ou “fonctionne” de telle sorte qu’elle “recrute” des sujets parmi les individus (elle les recrute tous), ou “transforme” les individus en sujets (elle les transforme tous) par cette opération très précise que nous appelons l’interpellation, qu’on peut se représenter sur le type même de la plus banale interpellation policière (ou non) de tous les jours : “hé, vous, là-bas !”. Si nous supposons que la scène théorique imaginée se passe dans la rue, l’individu interpellé se retourne. Par cette simple conversion physique de 180 degrés, il devient sujet. Pourquoi ? Parce qu’il a reconnu que l’interpellation s’adressait “bien” à lui, et que “c’était bien lui qui était interpellé” (et pas un autre). […] C’est une seule et même chose que l’existence de l’idéologie et l’interpellation des individus en sujets. » (L. Althusser, 1970)

Performance du groupe Les Sirènes, le 23 novembre 2018 aux Instants Chavirés, Montreuil, sous la forme d’un questionnement sur notre rapport aux injonctions auditives. Élaborée à l’occasion d’une résidence in situ en septembre 2018, cette intervention compose une dramaturgie à partir de divers dispositifs d’alerte, mettant en évidence la façon dont ils reconfigurent l’espace et son usage. Transformant l’exercice d’évacuation en exercice d’écoute, la pièce travaille la matière sonore à même les oreilles du public.

Les sirènes est un collectif d’intervention sur la critique sociale du son. Il travaille à analyser et questionner les mythes auditifs qui nous traversent, les formes de domination ou de résistance construites par le son et la façon dont ce dernier peut produire ou détruire du commun. Utilisant des outils artistiques aussi bien que théoriques, il vise à susciter des expériences d’écoute distanciées et spécifiques à l’espace dans lequel elles s’inscrivent. Il réunit le musicien et performeur Francisco Meirino, le compositeur et improvisateur Jérôme Noetinger, l’artiste et universitaire Matthieu Saladin, la chercheuse et autrice Juliette Volcler.

Faites comme si de rien n’était

2017

(notification ; boîtier Beacon)

Un boîtier Beacon – balise Bluetooth utilisée dans le marketing digital – est abandonné dans l’espace public et envoie de manière anonyme sur les téléphones portables des personnes qui croisent son périmètre d’action (70m) la notification « faites comme si de rien n’était ».

Pour sa première activation, la balise a été dissimulée Place de La République, à Paris, sur toute la durée de l’exposition « Wind is insubtantial ».

Programmation : Stéphane Cousot.

Dust Devil

2017

(vidéo GIF ; téléphone portable avec écran cassé)

La vidéo d’un tourbillon de poussière prise dans un désert tourne en boucle sur l’écran cassé d’un téléphone portable abandonné à même le sol. En présence d’autres œuvres, la pièce reste muette. Présentée seule dans une salle, la bande son (bruit du vent dans le micro) est amplifiée à très haut volume, jusqu’à saturation de l’espace.

Rumeur #1 (la qualité de l’air)

2017

Rumeur #1 (la qualité de l’air)est un protocole activé sur demande, simplement mentionné sur le plan de salle de l’exposition où est présentée l’œuvre. Lorsqu’un visiteur fait la demande de son activation à une personne travaillant dans le lieu d’exposition, une phrase lui est alors chuchotée à l’oreille, une seule et unique fois. Son contenu varie de jour en jour ; il est déterminé par la mise en relation des indices officiels de qualité de l’air du jour même, du jour précédent, et du jour suivant.

Les déplacements

2017

(livret de partition, 48 p. 320 x 335 mm ; pupitre)

Cette partition graphique pour souffle prend sa source dans un ensemble de cartes représentant les flux migratoires contemporains et publiées dans la presse, des manuels scolaires ou à l’initiative d’organisations internationales. Chaque page de notation présente un réseau de flèches. Aucun instrument n’est nécessaire pour son interprétation, mais des instruments à vent ou autres conduits peuvent être utilisés si les interprètes le souhaitent. Dans tous les cas, aucune note, ni aucun son articulé n’est émis. Les participants interprètent simplement les notations en expirant.

Interprétée par Bertrand Denzler, Jean-Luc Guionnet et Stéphane Rives le 18/02/2018.

Les rassemblements

2017

(livret de partition, 28 p. 320 x 335 mm ; pupitre)

Les cartes des grandes manifestations qui se sont déroulées en France depuis le début du XXIe siècle constituent le matériau de cette partition graphique pour percussions et sable. Chaque page de notation correspond à la surface de la percussion employée. Les points et les cercles indiquent les zones travaillées sur cette surface. L’interprète égraine le sable, le laisse couler en filet, le lâche par poignées, ou encore le frotte sur la surface de l’instrument.

Interprétée par Stéphane Garin le 20 janvier 2018.

Les séparations

2017

(livret de partition, 78 p. 320 x 335 mm ; pupitre)

Cette partition graphique pour feedback reprend les tracés des murs de séparation entre deux États actuellement en usage ou en cours de construction. Pour son interprétation, des microphones de contact sont fixés sur chaque mur de l’espace dans lequel a lieu la performance et reliés à autant de haut-parleurs amplifiés, via une table de mixage, afin de produire des boucles de feedback.  Chaque tracé correspond à la variation d’un ou de plusieurs paramètres de la table de mixage. L’interprète suit la ligne du tracé en appliquant ses variations aux réglages des potentiomètres de la table de mixage.

Interprétée par Francisco Meirino le 7/12/2017.

Calais

2017

(sacs plastiques et enceintes Bluetooth)

Calais est une installation sonore, où des sacs plastiques trouvés reposent à même le sol et diffusent des enregistrements de vent captés au petit-matin, sans aucune présence humaine audible, dans différents endroits de la ville qui donne son titre à l’œuvre. Les sacs sont dispersés dans l’espace, dessinant, à travers la variation des souffles qu’ils donnent à entendre, un réseau de flux continuellement changeants au sein desquels se déplacent les visiteurs.

Silent Entertainment

2017

Avec Patrice Caillet et Adam David.

Activation dans le cadre de l’exposition Micro Silence (Galerie des Grands Bains Douches de la Plaine, Marseille, France, du 6 au 29/07/17) . Un enregistrement de l’espace d’exposition a été effectué le dimanche 25 juin, jour de fermeture de la galerie des Grands Bains Douches de la Plaine, entre 15h et 19h. Il est diffusé sur ce même créneau horaire chaque jour ouvrable de l’exposition, à partir des téléphones portables et ordinateurs des personnes qui travaillent dans l’espace, proposant l’écoute discrète d’un jour de repos sur un temps de travail.

Silent Entertainment est un projet de Patrice Caillet, Adam David et Matthieu Saladin, qui propose de diffuser du silence pour tous types d’événements. Les silences sont conçus et réalisés in situ, selon les conditions spécifiques de chaque contexte. Ce projet a été initié à la suite de leur disque Sounds of Silence(Alga Marghen, FRAC Franche-Comté et Incertain Sens, 2013) – anthologie réunissant certains des plus intrigants morceaux de silence de l’histoire de l’enregistrement. Si tous ces morceaux ont en commun un même et unique matériau, ils sont en réalité on ne peut plus divers dans leurs attentions, de même qu’ils rendent compte de la spécificité de silences pensés et produits pour un médium reproductible, jouant de sa matérialité en le mettant à nu.

http://silent-entertainment.tumblr.com/ et ici.

[sic]

2017

Pochoir pour l’espace public.

Version 2017 : acier poli, 410 x 270 mm. Première activation à l’occasion des élections présidentielles 2017. Stencil for public space. Mirrored stainless steel, 410 x 270 mm. First activation during the 2017 French presidential elections.

Version 2019 : stack de 500 feuilles 297 x 210 mm, papier Pop Set Virgin Pulp 320g, Ultra Red. Activation à l’occasion des élection européennes, dans le cadre de l’exposition « Temps partiels I. Tirer sur les cadrans pour arrêter le jour » au BBB centre d’art.

« SIC. adv. lat. (philol.) Il signifie, Ainsi : on le met quelquefois à la marge d’un écrit, ou entre parenthèses, dans le cours d’un texte, à la fin d’une citation, pour indiquer que l’original est bien tel qu’on le donne, avec la faute ou l’étrangeté qu’on peut remarquer, et qui, sans cette précaution, pourrait être attribuée à une faute de copie ou d’impression. » (Louis Barré, Complément du Dictionnaire de l’Académie française, 1842)

Activation pour l’exposition « Temps partiels I. Tirer sur les cadrans pour arrêter le jour » au BBB centre d’art, 2019. Photo : Émile Ouroumov, 2019.