Archives de catégorie : Dispositifs

Réduction d’activité

reduction activite small

Réduction d’activité (2015)

La pièce Réduction d’activité consiste en un protocole proposé au lieu d’exposition où elle est présentée, qui reconfigure ses horaires d’ouverture en les réduisant chaque jour d’une même durée par rapport au jour précédent, de sorte que l’heure de fermeture soit de plus en plus tôt. Pour sa première activation dans le cadre de l’exposition D’une main invisible à Salle Principale (du 20 mai au 25 juillet 2015), le temps soustrait chaque jour ouvrable est de cinq minutes. La somme du temps d’ouverture déduit sur la durée totale de l’exposition détermine en contrepartie la valeur de la pièce, de manière cumulative d’une activation à une autre. Plus la pièce produit du temps libre, plus sa valeur augmente.

Salle Principale, 28 rue de Thionville 75019 Paris

Tentative d’épuisement du bruit blanc

tentative-depuisement-du-bruit-blanc

Tentative d’épuisement du bruit blanc (2014)

www.tentativedepuisementdubruitblanc.net

Le bruit blanc est défini en traitement du signal comme la « réalisation d’un processus aléatoire dans lequel la densité spectrale de puissance est la même pour toutes les fréquences ». Dans Tentative d’épuisement du bruit blanc, chaque connexion au site web génère de manière aléatoire une fréquence sonore comprise entre 20 Hz et 20 kHz. Cette fréquence s’ajoute alors aux fréquences/connexions antérieures, tout comme les fréquences/connexions ultérieures viendront s’ajouter à elle. L’activité du site est ainsi un processus sans fin tendant à la réalisation d’un bruit blanc, celui de nos usages de l’Internet.

Chaque ligne générée par une connexion indique les informations suivantes : la date et l’heure de la connexion ; sa géolocalisation ; la fréquence associée.

In signal processing, white noise is “a random signal with a constant power spectral density.” In An Attempt at Exhausting White Noise, each connection to the website randomly generates a sound frequency ranging from 20 Hz to 20 kHz. This frequency is then added to the previous frequencies/connections, just as later frequencies/connections will add to it. The website’s activity thus is an endless process approaching the achievement of white noise – the one of our uses of the Internet.

Each line generated by a connection gives the following information: the date and hour of the connection; its geolocation; the associated frequency.

(Développement logiciel / software development : Ianis Lallemand & Aymeric Nunge)

Sonneries publiques

logo sonneries publiques moyen

Sonneries publiques (2014)

Les sonneries publiques sont des énoncés textuels présentés sous forme de sonneries pour téléphone portable et téléchargeables gratuitement. À chaque appel, votre téléphone portable devient un haut-parleur diffusant une phrase dans l’espace public.

Public ringtones are textual statements recorded as ringtones, that are freely downloadable. With each call, your phone becomes a loudspeaker broadcasting a sentence in the public space.

http://sonneriespubliques.tumblr.com

La production de l'espace

La production de l’espace

La production de l'espace

La production de l’espace (2013)

Logiciel programmé pour appeler de manière aléatoire les cabines de téléphone public d’un territoire donné (pour sa première présentation il s’agissait de l’agglomération du Val d’Orge dont dépend le CAC Brétigny), une cabine à la fois, à chaque fois que l’institution dans laquelle est exposée l’œuvre reçoit un email sur les adresses professionnelles de ses agents. Si une personne décroche, le logiciel annonce l’adresse de la cabine, puis lit le message électronique reçu. Le contenu du message demeure secret si personne ne décroche le combiné de la cabine. Dans l’espace d’exposition, des haut-parleurs diffusent en temps réel les sonneries intermittentes, mais aussi le message si le combiné est décroché à l’un des appels, ainsi que les éventuelles réactions de la personne qui décroche.

Le logiciel génère en temps réel une partition spatiale, chaque cabine étant comprise à la fois comme un point d’émission et un point d’écoute – point isolé et en même temps pris dans un réseau urbain de télécommunication.

Carte des cabines de téléphone public de l’agglomération du Val d’Orge (2013)

Carte des cabines de téléphone public de l’agglomération du Val d’Orge (2013)

Pile ou face

04b9a72da17b9ee31dd53659329d9cfa-jpg-1500-1500-false d30fa03d5137dd6ce223758d9bcc5b7a-jpg-1500-1500-false

Pile ou face (2013)

Version installation : pièce de 1 euro tournant rapidement sur elle-même,  sans fin, sur sa tranche, comme une toupie.

Version disque : 45 tours en sillon fermé donnant à entendre le son d’une pièce tournant sur elle-même. Le disque étant en sillon fermé, la lecture est sans fin et donne l’illusion d’une continuité. Prix 1 euro. Disponible ici.

Production CAC Brétigny.

IMG_1252

Jukebox de silence

IMG_7728

Jukebox de silence (2013), avec Patrice Caillet et Adam David

Dès la fin des années 1940, un étrange disque fait son apparition dans certains juke-boxes américains. Il se distingue des autres tubes mis en boîte par une absence de son manifeste dès qu’on le sélectionne pour l’écoute : c’est un disque de silence. Canular ou marchandisation de la tranquillité, l’origine de ces disques reste encore très mystérieuse. Au même moment, et alors que l’idée de 4’33’’ n’a pas encore germé, John Cage énonce dans une conférence le projet d’un tel disque qu’il souhaite vendre à la compagnie Muzak. Le projet ne sera cependant jamais réalisé, sans doute parce que ces disques existent déjà… Depuis, le disque de silence a connu d’innombrables appropriations, en marge ou à l’intérieur même des industries culturelles, et répond d’une diversité sémantique remarquable : performatif, mémoriel, politique, critique, abstrait, poétique, cynique, facétieux, technique, promotionnel, absurde, ou encore indéterminé.

Jukebox de silence est un jukebox dont l’intégralité des titres musicaux proposés à l’écoute est constituée de morceaux de silence issus de l’histoire du disque et de l’enregistrement. Ces morceaux reprennent ceux réunis dans la compilation vinyle Sounds of Silence (Frac Franche-Comté/Alga Marghen), mais aussi d’autres titres qui n’avaient pu être retenus en raison de la durée limitée du disque. Chaque morceau de silence est proposé dans son intégralité, numérisé depuis son support original.

Une histoire secrète des crises

DSC_7660

DSC_7716

DSC_7617

Une histoire secrète des crises (2011)

Une histoire secrète des crises se présente sous la forme d’un cycle de programmation qui tente de mettre en perspective des crises importantes de l’histoire de l’économie capitaliste avec des créations qui leur sont contemporaines.

Des premiers extraits ont été présentés le 19 février 2011 au CAC Brétigny, avec comme programmation la pièce “Adnos I” (1973-74) d’Eliane Radigue, le documentaire “Autour de l’argent” (1929) de Jean Dréville et la pièce « CAC Brétigny 1988-2011 ».

Noises Off

Noises Off (2010)

Installation sonore. Une pièce vide est munie d’un ensemble de capteurs de présence fixés aux murs. Des enceintes diffusent du bruit à un très haut volume sonore. Le bruit se coupe automatiquement dès que les capteurs repèrent un mouvement dans la pièce. Instal 2010, Glasgow.

Matthieu Saladin - "Noises Off"

Brutalised Aesthetics

IMG_9807riot stonesIMG_9763

Brutalised Aesthetics (2010)

Projet réalisé avec Mattin, prenant la forme d’une réfexion sur la démocratie à travers un documentaire sur les révoltes de concert auquel s’associent des actions performées.

« À l’époque, […] il revenait à des hommes qui s’occupaient d’éducation d’écouter l’exécution de ces pièces en silence jusqu’à la fin, tandis que les enfants, leurs pédagogues et la masse du public étaient ramenés à l’ordre par le bâton du service d’ordre. Voilà donc suivant quel type d’ordonnance la masse des citoyens acceptait d’être contrôlée en ces matières sans avoir l’audace de faire du tapage pour exprimer son jugement. Par la suite cependant, à mesure que le temps avançait, apparurent des compositeurs qui commencèrent à violer les règles dans le domaine des Muses […] ils répandirent sur le compte de la musique ce mensonge suivant lequel en musique il n’y avait aucune place pour une quelconque rectitude et que c’est le plaisir de celui qui y trouve sa jouissance, que celui-ci fût meilleur ou pire, qui décidait avec le plus de rectitude. À force de composer de telles œuvres, et d’y ajouter des paroles de ce genre, ils inculquèrent au grand nombre la désobéissance aux règles dans le domaine des Muses, et l’audace de se croire des juges compétents. La conséquence fut que le public du théâtre qui jadis ne s’exprimait pas se mit à s’exprimer, comme s’il s’entendait à discerner dans le domaine des Muses le beau du laid ; et à une aristocratie dans le domaine des Muses se substitua une “théâtrocratie” dépravée. Et si encore c’eût été une démocratie limitée à la musique et composée d’hommes pourvus d’une culture libérale, ce qui est arrivé n’eût en rien été aussi terrible. Mais ce qui à ce moment-là commença à s’installer chez nous à partir du domaine des Muses, ce fut l’opinion que tout homme s’entendait à tout et qu’il pouvait se mettre en infraction ; et la licence suivit. […] Tout de suite après cette liberté en vient, selon toute vraisemblance, une autre, celle qui refuse d’être l’esclave de ceux qui représentent l’autorité, puis une autre encore, celle qui refuse d’être l’esclave d’un père, d’une mère et des gens plus âgés et d’accepter leurs remontrances. Lorsque l’on approche de la fin du parcours, on cherche à ne pas obéir aux lois […] » Platon, Les Lois.

Production CAC Brétigny