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Sounds of silence

Sounds of silence

Sounds of silence

Disque vinyle 12’, Frac Franche-Comté / Alga Marghen, avec le soutien
des éditions Incertain Sens, 2013. Projet réalisé avec Patrice Caillet et Adam David.

« Sounds of silence » est une anthologie réunissant certains des plus intriguants morceaux de silence de l’histoire de l’enregistrement et comprend des pièces d’Andy Warhol, John Lennon, Maurice Lemaître, Sly & the Family Stone, Robert Wyatt, John Denver, Whitehouse, Orbital, Crass, Ciccone Youth, Afrika Bambaataa, Yves Klein, etc. Si tous ces morceaux ont en commun un même et unique matériau, et peuvent en cela paraître au premier abord interchangeables, ils sont en réalité on ne peut plus divers. Ainsi, oscillent-ils entre le performatif, le mémoriel, le politique, la critique, l’abstraction, le poétique, le cynisme, la blague, la technique, la promotion, l’absurde et l’indéterminé. Les morceaux choisis de cette anthologie rendent néanmoins tous compte de la spécificité de silences pensés et produits pour un médium reproductible, jouant de sa matérialité en le mettant à nu. Ils exposent et révèlent leur médium, jusque dans son usure et ses imperfections. Ce sont de simples surfaces, des spirales de sillon tournant sur elles-mêmes. Pour cette même raison, ces plages de silence se distinguent de la rupture conceptuelle opérée par John Cage avec 4’33’’. Depuis les années 1950, le silence a trouvé une place dans l’économie du disque et a connu d’innombrables appropriations. La plage de silence paraît en effet ne faire exception à aucun courant musical. « Sounds of silence » rejoue ces silences d’après leur support d’origine, conservant toutes les imperfections liées à leur matérialité propre et leur histoire spécifique, sans toutefois négliger le postulat d’une certaine satisfaction d’écoute chez l’auditeur. Cette approche documentée révèle les motivations effectives ou présumées de ces silences, tout en s’aventurant dans des correspondances ou des interférences inédites. Un disque « à jouer fort » (ou non), en tout lieu et toute circonstance : une réelle expérience auditive.

Disponible ici.

Pile ou face

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Pile ou face (2013)

Version installation : pièce de 1 euro tournant rapidement sur elle-même,  sans fin, sur sa tranche, comme une toupie.

Version disque : 45 tours en sillon fermé donnant à entendre le son d’une pièce tournant sur elle-même. Le disque étant en sillon fermé, la lecture est sans fin et donne l’illusion d’une continuité. Prix 1 euro. Disponible ici.

Production CAC Brétigny.

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(Déserts)

(deserts)

(Déserts) (2011)

Déserts d’Egard Varèse fut créé au Théâtre des Champs-Elysées à Paris, le 2 décembre 1954. Ce concert est resté dans les mémoires comme l’un des grands scandales de l’histoire de la musique avant-garde du XXe siècle, donnant lieu à une véritable révolte de la part du public. Le contexte sociohistorique n’y fut sans doute pas étranger. L’époque était alors celle en France de la Quatrième République, marquée du point de vue de la culture par la politique dite de « démocratisation culturelle » : le concert était gratuit, dirigé par un célèbre chef d’orchestre, Hermann Scherchen – accompagné pour l’occasion par Pierre Henry au pupitre des commandes électro-acoustiques – et s’inscrivait dans la programmation des « mardis » du National (se déroulant exceptionnellement un jeudi pour les besoins de la retransmission en direct). Il tentait en outre d’articuler des pièces issues du répertoire classique (en l’occurrence la Grande ouverture en si bémol de Mozart et la Symphonie Pathétique de Tchaïkovski) et une œuvre novatrice dans sa confrontation de sons acoustiques et de « sons organisés ». En raison de leur gratuité et de leur cadre, ces concerts accueillaient généralement un public nombreux, non nécessairement coutumier des expérimentations musicales.

Lors de cette interprétation, le public réagit bruyamment à la musique, mais dans le même temps une autre « musique », improvisée celle-ci, émergeait en contrepoint, se développant de manière plus ou moins indécise, sinon indéterminée, et à intervalles irréguliers. A l’écoute de l’enregistrement, les protestations du public rivalisent littéralement avec la musique de Varèse, dessinant, dans leur propre effectivité, une autre forme musicale, particulièrement complexe, où se succèdent et s’entremêlent des heurts violents, des murmures et une rumeur sourde, de brusques surgissements intempestifs et des vagues houleuses de désapprobation. Mais peut-être qu’en deçà du désaveu, pointe également dans cette autre musique le lien intrinsèque qui existe entre bruit et démocratie.

C’est cette autre manifestation sonore, performée par le public, que ce disque se propose de donner à l’écoute. Pour cela, j’ai en quelque sorte poursuivi la logique de retranchement qui sous-tend la pièce initiale de Varèse. Déserts est une œuvre mixte, qui est structurée en 4 mouvements instrumentaux, auxquels s’ajoutent 3 interpolations électroniques qui viennent interrompre le développement instrumental. Durant ces interpolations, les sons de l’orchestre s’effacent pour laisser place aux sons enregistrés. Dans (Déserts), j’ai simplement continué cet effacement, éclipsant la pièce de Varèse pour laisser apparaître un autre type d’« interpolations » enregistrées : le bruit anonyme du public.

Enregistré le 2 décembre 1954, Paris. Edité le 4 avril 2009, Paris. Durée : 27’10’’

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No Disc ; Disc’s Rotation ; Eject

Matthieu Saladin @ Instal 10

No Disc ; Disc’s Rotation ; Eject (2010)

Ensemble de trois CDs produits par Arika et distribués au public lors de l’édition 2010 du festival Instal (Glasgow). Chaque disque donne à entendre le mécanisme d’un lecteur CD, respectivement lorsqu’il ne reconnaît pas le disque (40 sec), lorsque le disque est lu normalement (60 min) et lorsque le disque est ejecté (8 sec).

Production Arika/Instal, Glasgow

Experimental Music

experimentalmusic

Experimental Music (2008)

“Experimental music“ est un jeu de hasard sonore. Lire le disque en mode aléatoire jusqu’à ce que la séquence Experimental music soit proprement diffusée. En cas d’anagramme, recommencer. Mode répétition possible. CD et livret. Editions Provisoires

Stock Exchange Piece

Stock Exchange Piece

Stock Exchange Piece (Gold & Light Sweet Crude Oil) (2007)

Les Stock Exchange Pieces sont des transpositions en fréquences sonores, par simple substitution de l’unité, des taux et indices de la bourse. La variation des indices détermine la variation des fréquences résultantes. Les fréquences évoluent, se rapprochent ou s’éloignent les unes des autres au gré des oscillations du marché et engendrent ainsi dans leur mouvement des phénomènes acoustiques – transcription sonore d’un flux. CD.  WMO/R 32.