Archives de catégorie : Devices

Oracle (aujourd’hui est-il un autre jour ?)

2022

LED display, Raspberry pi, controller, galvanized steel, aluminum, concrete, dimensions 318 x 206 x 515 cm.

Every day, at the official time of sunrise, an oracle is gradually revealed on the eastern rampart of the castle of Angers. The apparition is repeated fourteen times until sunset, the same number of scenes that have now disappeared from the tapestries of the Apocalypse exposed in the monument. These enigmatic sentences are determined by daily measurements of air pollution. They offer themselves to the interpretation of the quality of a new day and the world that accompanies it.

Technical team: Colin Bouvry (multimedia design), Théo Diers (production management), Raphaël Isdant (multimedia design), Agence KCS (structural design), Ianis Lallemand (computational design), Achim Reichert (graphic design).

Work presented at the Château d’Angers from June 27 to October 2, 2022, produced by the « Mondes nouveaux » program launched by the Ministry of Culture as part of France Relance, in collaboration with the Centre des monuments nationaux.

Écrans LED, Raspberry pi, contrôleur, acier galvanisé, aluminium, béton, dimensions 318 x 206 x 515 cm.

Chaque jour, à l’heure officielle du lever du soleil, un oracle se révèle progressivement sur le rempart Est du château d’Angers. L’apparition se répète en tout quatorze fois jusqu’au coucher du soleil, soit le nombre de scènes aujourd’hui disparues des tapisseries de l’Apocalypse conservées dans l’enceinte du monument. Ces phrases énigmatiques sont déterminées par des mesures quotidiennes de pollution de l’air. Elles s’offrent à l’interprétation de la qualité d’un nouveau jour et du monde qui l’accompagne.

Equipe technique : Colin Bouvry (régie multimédia), Théo Diers (suivi de production), Raphaël Isdant (régie multimédia), Agence KCS (design structure), Ianis Lallemand (design computationnel), Achim Reichert (design graphique).

Œuvre présentée au château d’Angers du 27 juin au 2 octobre 2022, produite par le programme « Mondes Nouveaux » mis en œuvre par le ministère de la Culture dans le cadre de France Relance, en collaboration avec le Centre des monuments nationaux.

La Logique culturelle du capitalisme tardif appliquée à la spatialité

2022

Protocol:

The Cultural Logic of Late Capitalism Applied to Spatiality can be activated in group or solo exhibitions, but necessarily including several works.

In the manner of a scenographic protocol, it consists in determining the distance between two works by the annual turnover of a group or a company whose foundation is active in the field of contemporary art. It is thus a question of transposing this turnover into a measure of distance. The conversion is done by simply substituting a unit of measurement for the monetary unit.

For example, if the LVMH group produces a turnover of 64 billion euros, the distance separating two works to be applied could be equal to 6.4 meters, according to a scale of 1/10,000,000,000.

Protocole :

La Logique culturelle du capitalisme tardif appliquée à la spatialité peut être activée dans des expositions collectives ou solo, mais comprenant nécessairement plusieurs œuvres.

À la manière d’un protocole scénographique, elle consiste à déterminer la distance séparant deux œuvres par le chiffre d’affaires annuel d’un groupe ou d’une société dont la fondation d’entreprise est active dans le champ de l’art contemporain. Il s’agit ainsi de transposer ce chiffre d’affaires en mesure de distance. La conversion s’effectue par simple substitution d’une unité de mesure à l’unité monétaire.

Par exemple, si le groupe LVMH produit un chiffre d’affaires de 64 milliards d’euros, la distance séparant deux œuvres à appliquer pourra être égale à 6,4 mètres, selon une échelle de 1/10 000 000 000.

Stroboscope de la confiance

2022

Programmed lighting device.

Stroboscope of confidence

Stroboscope whose flashes are determined by the data of the synthetic indicator of household confidence calculated by INSEE over the period from October 1973 to March 2020, that is to say the period separating two major economic crises, that of the first oil shock and that linked to the COVID-19 pandemic.

Dispositif lumineux programmé.

Stroboscope dont les clignotements sont déterminés par les données de l’indicateur synthétique de confiance des ménages calculé par l’INSEE sur la période d’octobre 1973 à mars 2020, soit la période séparant deux crises économiques majeures, celle du premier choc pétrolier et celle liée à la pandémie du COVID-19.

Détresse & dividendes

2022

Dimensions 12 x 9 x 8 cm.

Two metronomes are fixed one to the other, forming a sculpture on the floor. Their rhythms are extremely close, although slightly asynchronous. The rhythm of one is set at 44 bpm. It reflects the rate of psychological distress at work measured by a barometer of the polling institute Empreinte Humaine in October 2021. The second is set at 42 bpm. It translates, also by unit substitution, the number (in tens of thousands of euros) of dividends per minute made at the same time by the CAC 40 companies.

Dimensions 12 x 9 x 8 cm.

Deux métronomes sont collés l’un à l’autre, formant une sculpture déposée à même le sol. Leurs rythmes sont extrêmement proches, quoique légèrement asynchrones. Le rythme de l’un est réglé à 44 bpm. Il reprend le taux de détresse psychologique au travail mesuré par un baromètre de l’institut de sondages Empreinte Humaine en octobre 2021. Le second est réglé quant à lui à 42 bpm. Il traduit, également par substitution d’unité, le nombre (en dizaines de milliers d’euros) de dividendes par minute réalisés au même moment par les entreprises du CAC 40.

Data-ventriloquisme

2021

Performance

A voice is speaking. I know its tone, its range, its rhythm, its hesitations and its assurance, its formulas, its breath, its mouth clicks and other characteristic sounds of its phonatory apparatus, its pauses and its own flow. I listen to him and speak to him in turn. Who is talking? A barometer, an index, a referencing, a ranking, an information, a personalized advertisement, a recommendation, a note, a GPS, a click, or maybe a high frequency transaction, a preference, a benchmark, a survey, a list, a comment, a cookie, a counter, a like, a ranking, a vote, an algorithm. This performance is interested in the work of the data on the processes of individuation, and in return to what these last ones get to this one, to the possible predictions around which their dialogue turns.

This project continues the work of voice processing by indexing data and statistics elaborated in the framework of the piece European Crisis Tim Capsule, but this time applying it live to my own voice or to the voices of people I collaborate with.

Its first activation took place at the Centre culturel des Chiroux in Liège, where I was invited in November 2021 to perform, and then to dialogue with the architect Bernard Deffet. Proposing to bring together these two moments of the evening, I modulated live the voice of my interlocutor who decided to record the reading of a text on the relationship between architecture and tourism in Croatia in connection with a project on which he was working then.

Une voix parle. Je connais son timbre, sa tessiture, son rythme, ses hésitations et son assurance, ses formules, son souffle, ses claquements salivaires et autres bruits caractéristiques de son appareil phonatoire, ses pauses et son débit propre. Je l’écoute et lui parle à mon tour. Qui parle ? Un baromètre, un indice, un référencement, un palmarès, une information, une publicité personnalisée, une recommandation, une note, un GPS, un clic, ou peut-être encore une transaction à haute fréquence, une préférence, un benchmark, un sondage, une liste, un commentaire, un cookie, un compteur, un like, un classement, un vote, un algorithme. Cette performance s’intéresse au travail des données sur les processus d’individuation, et en retour à ce que ces derniers procurent à celui-ci, aux éventuelles prédictions autour desquelles tourne leur dialogue.

Ce projet reprend le travail de traitement vocal par indexation de données et statistiques élaboré dans le cadre de la pièce European Crisis Tim Capsule, mais en l’appliquant cette fois en direct à ma propre voix ou celle de personnes avec qui je suis amené à collaborer.

Sa première activation a pris place au Centre culturel des Chiroux à Liège, où je suis invité en novembre 2021 pour faire une performance, puis à dialoguer avec l’architecte Bernard Deffet. Proposant de réunir ces deux moments de la soirée, je module en direct la voix de mon interlocuteur qui décide pour sa part d’enregistrer la lecture d’un texte sur les rapports entre architecture et tourisme en Croatie en lien avec un projet sur lequel il travaille alors.

Les eaux dormantes

2021

Protocol

Les eaux dormantes (Still waters) are ephemeral protocol installations in the form of water puddles, realized both outdoors (on parking lots, sports fields or vacant lots) or indoors. They consist in pouring on the ground a quantity of water determined by a social, economic or demographic quantification, at a rate of one metric drip (whose volume equals 0.050 ml) per unit.

For example, if the number of jobs with precarious status is 3,300,000, the amount of water poured is equal to 3,300,000 drips, or 165 liters.

Les eaux dormantes sont des installations protocolaires éphémères sous forme de flaques d’eau, réalisées aussi bien à l’extérieur (sur des parkings, des aires de sport ou des terrains vagues) qu’en intérieur. Elles consistent à verser sur le sol une quantité d’eau déterminée par une quantification sociale, économique ou démographique, à raison d’une goutte métrique (dont le volume égale 0,050 ml) par unité.

Par exemple, si le nombre d’emplois ayant un statut précaire est de 3 300 000, la quantité d’eau versée est égale à 3 300 000 gouttes, soit 165 litres.

Les eaux dormantes (les artistes), Rennes, 2021.
Les eaux dormantes (les détenu·es), Saint Grégoire, 2021.

Fuite

2021

Leak. Installation

Each year, the Ministry of Culture publishes the key figures of cultural employment. Based on INSEE statistics, they include the number of artists (all disciplines combined) registered on the labor market. Thus, according to the data available in 2021, the number of people in the arts professions increased by 12,205 in one year, or an average of about 33 new artists per day.

The installation Leak (Fuite) is, as the name suggests, a leak of water, slowly dripping, at a rate of 33 drops per day, from the ceiling of the space where it is on display. The device itself is hidden in the ceiling or the ventilation system. Drop after drop, this leak patiently forms a puddle on the floor that spreads and evaporates.

Chaque année, le ministère de la Culture publie les chiffres clés de l’emploi culturel. Basés sur les statistiques de l’Insee, on y retrouve notamment le référencement du nombre d’artistes (toutes disciplines confondues) inscrit·es sur le marché du travail. Ainsi, selon les données disponibles en 2021, l’effectif des professions artistiques a augmenté en un an de 12 205 personnes, soit en moyenne environ 33 nouveaux artistes par jour.

L’installation Fuite est, comme son nom l’indique, une fuite d’eau, qui goutte lentement, à raison de 33 gouttes par jour, du plafond de l’espace où elle est exposée. Le dispostif lui-même est dissimulé dans le faux-plafond ou le conduit d’aération. Goutte après goutte, cette fuite forme patiemment au sol une flaque d’eau qui se répand et s’évapore.

Le nombre du besoin

2019

Posters (120 x 80 cm), digital silk-screening printing, display protocol.

Le nombre du besoin (The number of necessity) is a countdown. Each day, a new poster is presented. It presents the issues and the course of a strike that took place in the history of capitalism and whose duration corresponds to the number of days remaining in the exhibition where the piece is activated. For its first activation at the BBB art center in Toulouse in 2019, the exhibition lasts 106 days. Thus, on the evening of the opening, a poster is displayed relating a strike that lasted 106 days, the next day a poster on a strike that lasted 105 days, etc., until the last day of the exhibition, with a strike that lasted 1 day.

On this occasion, the posters are presented, one by one, outside on a signage pillar, Fût, devised by designer Dominique Mathieu. Each day, the new poster is pasted on top of the previous day’s.

The duo Huz & Bosshard provided the graphical conception for the posters, choosing a format, layout of the content, typography and colour scheme using the seven colours of the rainbow designed to facilitate the legibility of the texts from the street, at the same time as adopting certain conventions for the posting of posters in public spaces.

Affiches (120 x 80 cm), sérigraphie numérique, protocole d’affichage.

Le nombre du besoin est un compte à rebours. Chaque jour, une nouvelle affiche est présentée. Elle retrace les enjeux et le déroulé d’une grève ayant eu lieu dans l’histoire du capitalisme et dont la durée correspond au nombre de jours restant de l’exposition où la pièce est activée. Pour sa première activation au BBB centre d’art à Toulouse en 2019, l’exposition dure 106 jours. Ainsi, le soir du vernissage, une affiche est placardée relatant une grève dont la durée a été de 106 jours, le lendemain une affiche sur une grève ayant duré 105 jours, etc., jusqu’au dernier jour de l’exposition, avec une grève ayant duré 1 journée.

À cette occasion, les affiches sont présentées, une à une, en extérieur sur la colonne signalétique Fût, conçue par le designer Dominique Mathieu. Chaque jour, la nouvelle affiche est collée par-dessus celle de la veille.

La conception graphique des affiches a été assurée par le duo Huz & Bosshard qui ont privilégié un format, une disposition du contenu, une typographie et un choix de 7 couleurs issues de l’arc-en-ciel, l’ensemble favorisant une grande lisibilité des textes depuis la rue, tout en reprenant certains codes de l’affichage dans l’espacepublic.

Matthieu Saladin, Le nombre du besoin, 2019. Production : BBB centre d’art, Toulouse. Graphisme : Huz & Bosshard. Dominique Mathieu, Fût, 2019. Vue de l’exposition de Matthieu Saladin «Temps partiels II. Flextime » et de Dominique Mathieu « Riposte » au BBB centre d’art, 2019. Curateur & crédit photo : Émile Ouroumov.
Matthieu Saladin, Le nombre du besoin, 2019. Production : BBB centre d’art, Toulouse. Graphisme : Huz & Bosshard. Dominique Mathieu, Fût, 2019. Vue de l’exposition de Matthieu Saladin «Temps partiels II. Flextime » et de Dominique Mathieu « Riposte » au BBB centre d’art, 2019. Curateur & crédit photo : Émile Ouroumov.

Horloge lestée

2019

Wall clock, fishing lead.

Horloge lestée (Weighted clock) is a piece in which an alteration is made to the mechanism of the clock in the BBB art centre training room in Toulouse. The building occupied by the art centre was previously a factory producing electric coil, a historical background that puts the clock within a context symbolising worker exploitation and the struggles and demands that were part of the genesis of the industrial era, the triumph of capitalism and the establishment of neoliberalism.

More precisely, Horloge lestée is an attempt to recreate a true case of manipulation of the clock at a flax spinning mill, aiming to “shorten” the sole break of 30 minutes in the 13-hour day worked at the mill by boys and girls who were barely in their teens. This case was cited in 1832 in an account given before the Committee on the. Bill to Regulate the Labour of Children in the Mills and Factories of the United Kingdom, quoted by the English historian Edward P. Thompson in Time, Work-discipline, and Industrial Capitalism: “Petty devices were used to shorten the dinner hour and to lengthen the day […] and [manufacturers]: want to nip every corner that they can, so that the bell will ring to leave off when it is half a minute past time, and they will have them in about two minutes before time … If the clock is as it used to be, the minute hand is at the weight, so that as soon as it passes the point of gravity, it drops three minutes all at once, so that it leaves them only twenty-seven minutes, instead of thirty.”

Horloge murale, plombs de pêche.

L’Horloge lestée consiste en une altération du mécanisme de l’horloge présente dans la salle de formation du BBB centre d’art, à Toulouse. Le bâtiment occupé par le centre d’art a auparavant été une usine de bobines électriques, une anecdote qui renvoie à l’histoire de l’horloge en tant qu’objet cristallisant l’exploitation patronale, les luttes et revendications ouvrières ayant accompagné la genèse de l’ère industrielle, le triomphe du capitalisme et l’accélération néolibérale.

Plus concrètement, Horloge lestée est une tentative de reconstitution d’un cas authentique de manipulation de l’horloge dans une filature à lin, visant à « compresser » les 30 minutes de l’unique pause de la journée de 13 heures des ouvriers garçons et filles à peine adolescents. Ce cas est cité en 1832 dans un témoignage devant la Commission de loi sur la régulation du travail des mineurs dans les moulins et usines du Royaume-Uni, repris par l’historien anglais Edward P. Thompson dans Temps, discipline du travail et capitalisme industriel : « Les employeurs recouraient à de sordides subterfuges pour écourter la pause du déjeuner et allonger la journée de travail […] ils cherchent à rogner sur tout ce qu’ils peuvent : la cloche annoncera la sortie trente secondes après l’heure, et le début du travail deux minutes avant l’heure… Si l’horloge est encore réglée comme elle l’était, l’aiguille des minutes est lestée, de sorte que dès qu’elle passe son point de gravité, elle tombe d’un coup de trois minutes, ce qui ne leur laisse plus que 27 minutes au lieu de 30. ” »

Matthieu Saladin, Horloge lestée, 2019. Production : BBB centre d’art, Toulouse. Vue de l’exposition « Temps partiels II. Flextime » au BBB centre d’art. Curateur & crédit photo : Émile Ouroumov.

Evaporation

2019

Audio player, headphones and audio cable falling from the ceiling.

Recording of the evaporation of 785 grammes of water, namely the average quantity of water that a body loses during an office working day, according to Carrier thermal balance statistics. Duration: 47’38 ».

Lecteur audio, casque et câble audio tombant du plafond.

Enregistrement de l’évaporation de 785 grammes d’eau, soit la quantité moyenne d’eau qu’un corps perd sur une journée de travail dans un bureau, selon les statistiques d’un bilan thermique Carrier. Durée 47 minutes et 38 secondes.

Matthieu Saladin, Évaporation, 2019. Production : BBB centre d’art, Toulouse. Vue de l’exposition «Temps partiels II. Flextime » au BBB centre d’art, 2019. Curateur & crédit photo : Émile Ouroumov.