Archives de catégorie : Performances

Une journée de travail

2019

Une journée de travail s’inscrit dans la série Partitions de travail qui réunit un ensemble de partitions pour travailleur.euse.s traitant chacune d’un point précis des rapports d’individuation à l’oeuvre dans le monde du travail. Elle prend pour point de départ un texte de Gabriel Gauny sur les variations de la perception de la durée du travail selon le désir. 
Dans le cadre de son activation au BBB centre d’art, à Toulouse, l’œuvre se présente au visiteur sous la forme d’une frise et de 12 livrets. La frise punaisée au mur recense les semaines de travail « type » des membres de l’équipe du centre d’art. Chaque punaise indique la date d’activation de la partition par la.le salarié.e :  une journée durant laquelle la personne sera amenée à effectuer toute action le plus lentement possible
L’interprétation de cette partition est retranscrite individuellement par chaque salarié.e dans un livret en amont et à l’issue de l’activation afin d’y rassembler réflexions, choix opérés, ressentis et perception du temps vécu tout au long de cette journée. Durant les jours d’ouverture de l’exposition où la pièce est activée, le visiteur peut venir observer la personne l’interprétant.

Le design graphique de la frise et des livrets a été réalisé par Huz & Bosshard

Matthieu Saladin, Une journée de travail, 2019. Graphisme : Huz & Bosshard. Production : BBB centre d’art, Toulouse. Vue de l’exposition «Temps partiels II. Flextime » au BBB centre d’art. Curateur & crédit photo : Émile Ouroumov.
Matthieu Saladin, Une journée de travail, 2019. Graphisme : Huz & Bosshard. Production : BBB centre d’art, Toulouse. Vue de l’exposition «Temps partiels II. Flextime » au BBB centre d’art. Curateur & crédit photo : Émile Ouroumov.

Rumeur #2 (les grèves)

2019

Rumeur #2 (les grèves) est un protocole activé sur demande, simplement mentionné sur le plan de salle de l’exposition où est présentée l’œuvre. Lorsqu’un visiteur fait la demande de son activation à une personne travaillant dans le lieu d’exposition, une phrase lui est alors chuchotée à l’oreille, une seule et unique fois. Son contenu varie de jour en jour. Pour l’exposition Flextime au BBB centre d’art, ce contenu est déterminé par la présence ou non d’un article portant le mot « grève » dans son titre, publié le jour même dans La Dépêche du Midi.

« Organiser son temps professionnel » (module de formation nocturne)

2019

« Organiser son temps professionnel » (module de formation nocturne) est une œuvre protocolaire touchant à l’activité de la plateforme ressource du BBB centre d’art, dont la spécificité est de proposer diverses formations pour artistes. La journée de formation intitulée « Organiser son temps professionnel » a été décalée de 12h : initialement prévue de 9h à 16h30, celle-ci s’est déroulée de 21h à 4h30, la nuit précédant l’ouverture de l’exposition. La mémoire de cette œuvre se présente sous forme de feuillets annotés par les participant.e.s, selon deux codes graphiques faisant respectivement état de leur perception du temps et de leur fatigue durant cette nuit de formation.

Matthieu Saladin, Organiser son temps professionnel (module de formation nocturne), 2019 (détail). Les supports (scénographie d’un mobilier de bureau), 2019. Production : BBB centre d’art, Toulouse. Vue de l’exposition «Temps partiels II. Flextime » au BBB centre d’art, 2019. Curateur & crédit photo : Émile Ouroumov.
Matthieu Saladin, Organiser son temps professionnel (module de formation nocturne), 2019. Les supports (scénographie d’un mobilier de bureau), 2019. Production : BBB centre d’art, Toulouse. Vue de l’exposition «Temps partiels II. Flextime » au BBB centre d’art, 2019. Curateur & crédit photo : Émile Ouroumov.

Economic Score – BBB centre d’art

2019

La pièce Economic score consiste en la transposition d’une économie culturelle en partition. La version « BBB centre d’art » comprend 3 tables à utiliser conjointement dans la préparation de l’interprétation. Elle reprend le budget du BBB centre d’art sur l’ensemble de l’année 2019.

Interprétée par les étudiants du master IFMI (université Toulouse Jean Jaurès), le 23 mai 2019. 

Photo : Émile Ouroumov, 2019

Intervention #1 (Les Sirènes)

2018

« L’idéologie “agit” ou “fonctionne” de telle sorte qu’elle “recrute” des sujets parmi les individus (elle les recrute tous), ou “transforme” les individus en sujets (elle les transforme tous) par cette opération très précise que nous appelons l’interpellation, qu’on peut se représenter sur le type même de la plus banale interpellation policière (ou non) de tous les jours : “hé, vous, là-bas !”. Si nous supposons que la scène théorique imaginée se passe dans la rue, l’individu interpellé se retourne. Par cette simple conversion physique de 180 degrés, il devient sujet. Pourquoi ? Parce qu’il a reconnu que l’interpellation s’adressait “bien” à lui, et que “c’était bien lui qui était interpellé” (et pas un autre). […] C’est une seule et même chose que l’existence de l’idéologie et l’interpellation des individus en sujets. » (L. Althusser, 1970)

Performance du groupe Les Sirènes, le 23 novembre 2018 aux Instants Chavirés, Montreuil, sous la forme d’un questionnement sur notre rapport aux injonctions auditives. Élaborée à l’occasion d’une résidence in situ en septembre 2018, cette intervention compose une dramaturgie à partir de divers dispositifs d’alerte, mettant en évidence la façon dont ils reconfigurent l’espace et son usage. Transformant l’exercice d’évacuation en exercice d’écoute, la pièce travaille la matière sonore à même les oreilles du public.

Les sirènes est un collectif d’intervention sur la critique sociale du son. Il travaille à analyser et questionner les mythes auditifs qui nous traversent, les formes de domination ou de résistance construites par le son et la façon dont ce dernier peut produire ou détruire du commun. Utilisant des outils artistiques aussi bien que théoriques, il vise à susciter des expériences d’écoute distanciées et spécifiques à l’espace dans lequel elles s’inscrivent. Il réunit le musicien et performeur Francisco Meirino, le compositeur et improvisateur Jérôme Noetinger, l’artiste et universitaire Matthieu Saladin, la chercheuse et autrice Juliette Volcler.

Le chant du dialogisme – Partition pour un entretien d’embauche

2018

Le chant du dialogisme constitue la première partition d’une série en devenir intitulée Partitions de travail. Dans ce projet au long cours, le travail est investi en tant qu’activité économique, de sa réglementation à ses modalités organisationnelles, en passant par les relations de pouvoir et les processus de subjectivation qu’il implique au gré des situations, des contraintes et des investissements individuels et collectifs.

Ces partitions expérimentales ne sont toutefois pas à interpréter par des musiciens ou des performers extérieurs mais par l’équipe même des lieux qui l’accueillent. Le Chant du dialogisme – Partition pour un entretien d’embauche a été produite par et pour le centre d’art MMaintenant à Saint-Denis. Elle a été créée à l’occasion du recrutement d’un nouveau membre au sein de l’équipe, en tant que chargé.e de production et de communication. Elle compte deux parties jouées conjointement – partie A : candidat ; partie B : recruteur –, ainsi qu’un prélude, appelé prélude du recruteur, qui consiste à insérer dans la publication de l’annonce de recrutement la phrase suivante : « En lieu et place de la lettre de motivation, vous enverrez les paroles d’une chanson qui, selon vous, reflète notre contemporanéité ».

Rumeur #1 (la qualité de l’air)

2017

Rumeur #1 (la qualité de l’air)est un protocole activé sur demande, simplement mentionné sur le plan de salle de l’exposition où est présentée l’œuvre. Lorsqu’un visiteur fait la demande de son activation à une personne travaillant dans le lieu d’exposition, une phrase lui est alors chuchotée à l’oreille, une seule et unique fois. Son contenu varie de jour en jour ; il est déterminé par la mise en relation des indices officiels de qualité de l’air du jour même, du jour précédent, et du jour suivant.

Les déplacements

2017

(livret de partition, 48 p. 320 x 335 mm ; pupitre)

Cette partition graphique pour souffle prend sa source dans un ensemble de cartes représentant les flux migratoires contemporains et publiées dans la presse, des manuels scolaires ou à l’initiative d’organisations internationales. Chaque page de notation présente un réseau de flèches. Aucun instrument n’est nécessaire pour son interprétation, mais des instruments à vent ou autres conduits peuvent être utilisés si les interprètes le souhaitent. Dans tous les cas, aucune note, ni aucun son articulé n’est émis. Les participants interprètent simplement les notations en expirant.

Interprétée par Bertrand Denzler, Jean-Luc Guionnet et Stéphane Rives le 18/02/2018.

Les rassemblements

2017

(livret de partition, 28 p. 320 x 335 mm ; pupitre)

Les cartes des grandes manifestations qui se sont déroulées en France depuis le début du XXIe siècle constituent le matériau de cette partition graphique pour percussions et sable. Chaque page de notation correspond à la surface de la percussion employée. Les points et les cercles indiquent les zones travaillées sur cette surface. L’interprète égraine le sable, le laisse couler en filet, le lâche par poignées, ou encore le frotte sur la surface de l’instrument.

Interprétée par Stéphane Garin le 20 janvier 2018.