Archives de catégorie : Performances

Economic Score – BBB centre d’art

2019

La pièce Economic score consiste en la transposition d’une économie culturelle en partition. La version « BBB centre d’art » comprend 3 tables à utiliser conjointement dans la préparation de l’interprétation. Elle reprend le budget du BBB centre d’art sur l’ensemble de l’année 2019.

Interprétée par les étudiants du master IFMI (université Toulouse Jean Jaurès), le 23 mai 2019. 

Photo : Émile Ouroumov, 2019

Intervention #1 (Les Sirènes)

2018

« L’idéologie “agit” ou “fonctionne” de telle sorte qu’elle “recrute” des sujets parmi les individus (elle les recrute tous), ou “transforme” les individus en sujets (elle les transforme tous) par cette opération très précise que nous appelons l’interpellation, qu’on peut se représenter sur le type même de la plus banale interpellation policière (ou non) de tous les jours : “hé, vous, là-bas !”. Si nous supposons que la scène théorique imaginée se passe dans la rue, l’individu interpellé se retourne. Par cette simple conversion physique de 180 degrés, il devient sujet. Pourquoi ? Parce qu’il a reconnu que l’interpellation s’adressait “bien” à lui, et que “c’était bien lui qui était interpellé” (et pas un autre). […] C’est une seule et même chose que l’existence de l’idéologie et l’interpellation des individus en sujets. » (L. Althusser, 1970)

Performance du groupe Les Sirènes, le 23 novembre 2018 aux Instants Chavirés, Montreuil, sous la forme d’un questionnement sur notre rapport aux injonctions auditives. Élaborée à l’occasion d’une résidence in situ en septembre 2018, cette intervention compose une dramaturgie à partir de divers dispositifs d’alerte, mettant en évidence la façon dont ils reconfigurent l’espace et son usage. Transformant l’exercice d’évacuation en exercice d’écoute, la pièce travaille la matière sonore à même les oreilles du public.

Les sirènes est un collectif d’intervention sur la critique sociale du son. Il travaille à analyser et questionner les mythes auditifs qui nous traversent, les formes de domination ou de résistance construites par le son et la façon dont ce dernier peut produire ou détruire du commun. Utilisant des outils artistiques aussi bien que théoriques, il vise à susciter des expériences d’écoute distanciées et spécifiques à l’espace dans lequel elles s’inscrivent. Il réunit le musicien et performeur Francisco Meirino, le compositeur et improvisateur Jérôme Noetinger, l’artiste et universitaire Matthieu Saladin, la chercheuse et autrice Juliette Volcler.

Rumeur #1 (la qualité de l’air)

2017

Rumeur #1 (la qualité de l’air)est un protocole activé sur demande, simplement mentionné sur le plan de salle de l’exposition où est présentée l’œuvre. Lorsqu’un visiteur fait la demande de son activation à une personne travaillant dans le lieu d’exposition, une phrase lui est alors chuchotée à l’oreille, une seule et unique fois. Son contenu varie de jour en jour ; il est déterminé par la mise en relation des indices officiels de qualité de l’air du jour même, du jour précédent, et du jour suivant.

Les déplacements

2017

(livret de partition, 48 p. 320 x 335 mm ; pupitre)

Cette partition graphique pour souffle prend sa source dans un ensemble de cartes représentant les flux migratoires contemporains et publiées dans la presse, des manuels scolaires ou à l’initiative d’organisations internationales. Chaque page de notation présente un réseau de flèches. Aucun instrument n’est nécessaire pour son interprétation, mais des instruments à vent ou autres conduits peuvent être utilisés si les interprètes le souhaitent. Dans tous les cas, aucune note, ni aucun son articulé n’est émis. Les participants interprètent simplement les notations en expirant.

Interprétée par Bertrand Denzler, Jean-Luc Guionnet et Stéphane Rives le 18/02/2018.

Les rassemblements

2017

(livret de partition, 28 p. 320 x 335 mm ; pupitre)

Les cartes des grandes manifestations qui se sont déroulées en France depuis le début du XXIe siècle constituent le matériau de cette partition graphique pour percussions et sable. Chaque page de notation correspond à la surface de la percussion employée. Les points et les cercles indiquent les zones travaillées sur cette surface. L’interprète égraine le sable, le laisse couler en filet, le lâche par poignées, ou encore le frotte sur la surface de l’instrument.

Interprétée par Stéphane Garin le 20 janvier 2018.

Les séparations

2017

(livret de partition, 78 p. 320 x 335 mm ; pupitre)

Cette partition graphique pour feedback reprend les tracés des murs de séparation entre deux États actuellement en usage ou en cours de construction. Pour son interprétation, des microphones de contact sont fixés sur chaque mur de l’espace dans lequel a lieu la performance et reliés à autant de haut-parleurs amplifiés, via une table de mixage, afin de produire des boucles de feedback.  Chaque tracé correspond à la variation d’un ou de plusieurs paramètres de la table de mixage. L’interprète suit la ligne du tracé en appliquant ses variations aux réglages des potentiomètres de la table de mixage.

Interprétée par Francisco Meirino le 7/12/2017.

Economic Score – Der Canaletto-Blick

2017

La pièce Economic score consiste en la transposition d’une économie culturelle en partition. La version « Der Canaletto-Blick » comprend 3 tables à utiliser conjointement dans la préparation de l’interprétation. Elle reprend le budget de Kunst am Bau Projekt (commissariat Pierre Bal-Blanc et Kathrin Rhomberg), Erste Campus, Vienne.

Interprétée par Petra Samhaber-Eckhardt (violon), Nina Pohn (violon), Katharina Pöttinger (alto) et Peter Trefflinger (violoncelle), le 23 janvier 2017. Direction et répétitions, Rupert Huber. Le concert comprenait également deux cantates de J.S. Bach sur la dette, entourant la composition et interprétées par un ensemble baroque.

The piece Economic Score – Der Canaletto-Blick set the art in architecture project budget to music in a score whose notes were interwoven and concentrated according to how the money spent on the project was allocated and the frequency with which payments were made.

Credits: © Erste Group Bank AG; Foto Niko Havranek

La capture de l’inaudible (performance)

2016

Performance (voix, logiciel d’encodage, amplification) ; durée environ 40 min.

D’une part, l’inaudible est ici compris au sens de ce qui appartient au royaume des sons ne pouvant être entendus car se situant en-deçà ou au-delà du spectre audible par l’oreille humaine, ou bien masqués par d’autres sons plus forts émis simultanément ou presque. D’autre part, l’inaudible renvoie à ce qui excède l’écoute, sinon l’entendement d’un groupe, d’une communauté, voire d’une société, en tant qu’il est construit socialement, culturellement et historiquement, autrement dit à ce qui ne peut être entendu car demeurant inintelligible pour ce groupe, cette communauté ou cette société, et selon, là aussi, des effets de seuils et de masques. À l’acception phénoménologique de l’inaudible s’adjoint ainsi une acception politique, sans que l’on puisse en réalité tracer une frontière nette entre l’une et l’autre, notamment dès lors que l’on aborde l’écoute en tant que sens pris dans des dispositifs (du reste comme tous les sens), qui l’agencent de manière stratégique, la façonnent techniquement, juridiquement, historiquement et socialement, soit une écoute “appareillée” quand bien même celle-ci ne serait munie d’aucune prothèse visible.

Production Synesthésie – Maintenant.

Economic Score – Soleil politique

2014

La pièce Economic score consiste en la transposition d’une économie culturelle en partition. La version « Soleil politique, 2014 » comprend 3 tables à utiliser conjointement dans la préparation de l’interprétation. Elle reprend le budget de l’exposition Soleil politique (commissariat Pierre Bal-Blanc), Museion, Bolzano, 26/09/2014 – 11/01/2015.

Interprétée par l’ensemble Air-Borne, le mercredi 29 octobre 2014.

The work Economic Score transposes a cultural economy into a musical score. For the version Economic Score: Soleil politique, the exhibition budget, including production costs and private financial support, has been transcribed as a musical score. The score will be performed on October 29, 2014, during Bolzano’s Festival of Contemporary Music. The work refers to aspects of social and economic life that, given their immaterial nature and omnipresence, escape direct perception and yet nevertheless dictate and mold attitudes, discourses, social relations, and daily activities. The ideological imprint of material production is appropriated as a medium in order to investigate the tensions of social space, along with the relation between aesthetic perception and the economic activities that govern it.

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