Précipités de lenteur

2019

Impression numérique. 2 feuillets, 80 x 600 mm, 250 exemplaires. Design Huz & Bosshard.

Précipités de lenteur se compose de deux bandelettes, des « chutes » de papier laissées à la disposition du public. Ordonnancées de A à D, comme les faces d’un double album vinyle, ces pages reproduisent en violet un essai d’économie politique de la musique, écrit pour l’exposition Flextime. Le texte, composé en très petits caractères de telle sorte qu’il implique une lecture qui prenne son temps, interroge l’idéologie de l’accélération qui gouverne aujourd’hui notre société, à travers l’analyse de diverses expérimentations sonores menées sur le ralentissement. À l’heure du trading à haute fréquence, de l’occupation 24/7 du temps de vie, de l’apologie de la mobilité et de l’augmentation généralisée du rythme des changements sociaux, ces expériences constituent autant de critiques en acte, de tentatives de temporisation, sinon de replis face aux impératifs de l’accélération. Ce texte peut toutefois être lu différemment : cheminant parmi ces références musicales, il constitue également un paratexte renvoyant de manière plus ou moins explicite à plusieurs œuvres de l’exposition.

Ce texte a également été publié dans le numéro 12 d’Audimat.

Matthieu Saladin, Précipités de lenteur, 2019. (Design graphique : Huz & Bosshard). Les supports (scénographie d’un mobilier de bureau), 2019 (détail). Production : BBB centre d’art, Toulouse.Vue de l’exposition «Temps partiels II. Flextime » au BBB centre d’art, 2019. Curateur & crédit photo : Émile Ouroumov.