Jukebox de silence

IMG_7728

Jukebox de silence (2013), avec Patrice Caillet et Adam David

Dès la fin des années 1940, un étrange disque fait son apparition dans certains juke-boxes américains. Il se distingue des autres tubes mis en boîte par une absence de son manifeste dès qu’on le sélectionne pour l’écoute : c’est un disque de silence. Canular ou marchandisation de la tranquillité, l’origine de ces disques reste encore très mystérieuse. Au même moment, et alors que l’idée de 4’33’’ n’a pas encore germé, John Cage énonce dans une conférence le projet d’un tel disque qu’il souhaite vendre à la compagnie Muzak. Le projet ne sera cependant jamais réalisé, sans doute parce que ces disques existent déjà… Depuis, le disque de silence a connu d’innombrables appropriations, en marge ou à l’intérieur même des industries culturelles, et répond d’une diversité sémantique remarquable : performatif, mémoriel, politique, critique, abstrait, poétique, cynique, facétieux, technique, promotionnel, absurde, ou encore indéterminé.

Jukebox de silence est un jukebox dont l’intégralité des titres musicaux proposés à l’écoute est constituée de morceaux de silence issus de l’histoire du disque et de l’enregistrement. Ces morceaux reprennent ceux réunis dans la compilation vinyle Sounds of Silence (Frac Franche-Comté/Alga Marghen), mais aussi d’autres titres qui n’avaient pu être retenus en raison de la durée limitée du disque. Chaque morceau de silence est proposé dans son intégralité, numérisé depuis son support original.