Archives de catégorie : Videos

Le débat


Video (2 hours 50 minutes)

This video is an exercise in ventriloquism. It takes up the entire debate between Marine Le Pen and Emmanuel Macron in the run-up to the 2022 presidential elections, modulating the words of each candidate with those of his or her opponent, using the side-chain principle.

Cette vidéo est un exercice de ventriloquie. Elle reprend l’intégralité du débat de l’entre-deux-tours des élections présidentielles de 2022 opposant Marine Le Pen et Emmanuel Macron, en modulant, selon le principe du side-chain, la parole de chaque candidat·e par celle de son adversaire.

Les intérêts


Animated images. Video screening and screensaver installed on the site’s computers.

Les intérêts (Interests) is presented in the form of two video sequences made up of statistical curves compiled on the Mirador site (a multinational observatory with a critical stance) representing variations in the dividend yield of 64 multinationals over a period of 30 years. An animated film, with a frequency of 12 frames/second, the minimum frequency at which the brain can detect movement (phi phenomenon), is screened in the exhibition space. The second animation is installed as a screensaver on the office computers of employees at the BBB art centre in Toulouse, with, this time, curves that appear one after another in a slower, more contemplative sequencing, at 12 Hz. This frequency corresponds to that of Alpha waves emitted by the brain when at rest. After a period of inaction, the screensaver is activated and intrudes on the art centre team’s working rhythm.

Images animées. Projection vidéo et écran de veille installé sur les ordinateurs du lieu.

Les intérêts se présente sous la forme de deux séquences vidéo composées de courbes statistiques collectées sur le site Mirador (Observatoire critique des multinationales) représentant l’évolution du taux de dividende de 64 multinationales sur une période de 30 ans. Une animation en 12 images/secondes, fréquence minimum pour que le cerveau perçoive un mouvement (effet phi), est diffusée dans l’espace d’exposition. La seconde animation est installée comme économiseur d’écran sur les ordinateurs de bureau des salarié.e.s du BBB centre d’art à Toulouse, avec cette fois des courbes qui s’enchainent dans un séquençage plus lent et contemplatif, à 12 Hz. Cette fréquence correspond à celle des ondes Alpha émises par le cerveau au repos. Après un temps d’inaction, cet écran de veille s’active et s’immisce ainsi dans le rythme de travail de l’équipe du centre d’art.

Matthieu Saladin, Les intérêts, 2019. Production : BBB centre d’art, Toulouse. Vue de l’exposition «Temps partiels II. Flextime » au BBB centre d’art, 2019. Curateur & crédit photo : Émile Ouroumov.
Matthieu Saladin, Les intérêts, 2019. Production : BBB centre d’art, Toulouse. Vue de l’exposition «Temps partiels II. Flextime » au BBB centre d’art, 2019. Curateur & crédit photo : Émile Ouroumov.

Une histoire culturelle et politique du cri (1947-1957)


A cultural and political history of the scream (1947-1957) is a film without images. It takes the form of a study of screams taken from Hollywood films made during the period of the McCarthy witch hunts, between 1947 and 1957. Each scream retains its initial place within the source film and the sequence of screams thus creates a composition of sound events that erupt out of nowhere into the ambient silence. The film is projected every Wednesday at 5:47 pm, the time and day when Act No. 2017-1510 to reinforce internal security and combat terrorism was voted into law in the French National Assembly.

Duration: 2h.

Une histoire culturelle et politique du cri (1947-1957) est un film sans images. Il prend la forme d’une étude des cris issus des films hollywoodiens réalisés entre 1947 et 1957, période des chasses aux sorcières maccarthystes. Chaque cri conserve sa place initiale dans le déroulé du film source. Leur enchaînement crée ainsi une composition d’événements sonores surgissant subrepticement du silence ambiant. Le film est projeté tous les mercredis à 17h47, heure et jour anniversaire du vote par l’Assemblée nationale de la loi n° 2017-1510 renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme.

Durée : 2h.

Dust Devil


(video GIF; cellphone with broken screen)

The video of a whirlwind of dust filmed in a desert runs on a loop on the broken screen of a mobile phone left abandoned on the ground. When in the presence of other works, the piece makes no sound but when on its own in a room, the soundtrack (noise of the wind in the microphone) is amplified at very high volume, creating an effect of saturation in the space.

(vidéo GIF ; téléphone portable avec écran cassé)

La vidéo d’un tourbillon de poussière prise dans un désert tourne en boucle sur l’écran cassé d’un téléphone portable abandonné à même le sol. En présence d’autres œuvres, la pièce reste muette. Présentée seule dans une salle, la bande son (bruit du vent dans le micro) est amplifiée à très haut volume, jusqu’à saturation de l’espace.

Une histoire secrète des crises




A secret history of crises

This project is presented in the form of a programming cycle that aims to put history’s major capitalist economic crises into the perspective of creations that are contemporaneous to them.

Initial extracts were presented on 19 February 2011 at the CAC Brétigny arts centre, with a programme including the piece Adnos I (1973-74) by Eliane Radigue, Jean Dréville’s documentary Autour de l’argent (1929) and the piece CAC Brétigny 1988-2011.

Une histoire secrète des crises se présente sous la forme d’un cycle de programmation qui tente de mettre en perspective des crises importantes de l’histoire de l’économie capitaliste avec des créations qui leur sont contemporaines.

Des premiers extraits ont été présentés le 19 février 2011 au CAC Brétigny, avec comme programmation la pièce “Adnos I” (1973-74) d’Eliane Radigue, le documentaire “Autour de l’argent” (1929) de Jean Dréville et la pièce « CAC Brétigny 1988-2011 ».




A ten-second video sequence transferred onto DVD and played in a loop, in one direction and then in the other, reproducing the series of shots created by Marcel L’Herbier for his film L’argent (1928) in which a camera plunges down from the top of the cupola of the Bourse de Paris (Paris stock exchange) in a spiral and onto the trading floor.

Séquence vidéo de 10 secondes transférée sur DVD et jouée en boucle, dans un sens puis dans l’autre, qui reprend le dispositif de prises de vues imaginé par Marcel L’Herbier, pour son film “L’argent“ (1928), où une caméra plonge en tournoyant du haut de la coupole de la bourse de Paris jusqu’au parterre des boursicoteurs.


Brutalised Aesthetics

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Project realized with Mattin, taking the form of a reflexion on the democracy through a documentary on the revolts of concert to which are associated performed actions.

“[…] The authority whose duty it was to know these regulations, and, when known, to apply them in its judgments and to penalize the disobedient, was not a pipe nor, as now, the mob’s unmusical shoutings, nor yet the clappings which mark applause: in place of this, it was a rule made by those in control of education that they themselves should listen throughout in silence, while the children and their ushers and the general crowd were kept in order by the discipline of the rod. In the matter of music the populace willingly submitted to orderly control and abstained from outrageously judging by clamor; but later on, with the progress of time, there arose as leaders of unmusical illegality poets who, though by nature poetical, were ignorant of what was just and lawful in music; […] they unwittingly bore false witness against music, as a thing without any standard of correctness, of which the best criterion is the pleasure of the auditor, be he a good man or a bad. By compositions of such a character, set to similar words, they bred in the populace a spirit of lawlessness in regard to music, and the effrontery of supposing themselves capable of passing judgment on it. Hence the theater-goers became noisy instead of silent, as though they knew the difference between good and bad music, and in place of an aristocracy in music there sprang up a kind of base theatrocracy. For if in music, and music only, there had arisen a democracy of free men, such a result would not have been so very alarming; but as it was, the universal conceit of universal wisdom and the contempt for law originated in the music, and on the heels of these came liberty. […] Next after this form of liberty would come that which refuses to be subject to the rulers; and, following on that, the shirking of submission to one’s parents and elders and their admonitions; then, as the penultimate stage, comes the effort to disregard the laws […]” Platon, Laws

Projet réalisé avec Mattin, prenant la forme d’une réfexion sur la démocratie à travers un documentaire sur les révoltes de concert auquel s’associent des actions performées.

« À l’époque, […] il revenait à des hommes qui s’occupaient d’éducation d’écouter l’exécution de ces pièces en silence jusqu’à la fin, tandis que les enfants, leurs pédagogues et la masse du public étaient ramenés à l’ordre par le bâton du service d’ordre. Voilà donc suivant quel type d’ordonnance la masse des citoyens acceptait d’être contrôlée en ces matières sans avoir l’audace de faire du tapage pour exprimer son jugement. Par la suite cependant, à mesure que le temps avançait, apparurent des compositeurs qui commencèrent à violer les règles dans le domaine des Muses […] ils répandirent sur le compte de la musique ce mensonge suivant lequel en musique il n’y avait aucune place pour une quelconque rectitude et que c’est le plaisir de celui qui y trouve sa jouissance, que celui-ci fût meilleur ou pire, qui décidait avec le plus de rectitude. À force de composer de telles œuvres, et d’y ajouter des paroles de ce genre, ils inculquèrent au grand nombre la désobéissance aux règles dans le domaine des Muses, et l’audace de se croire des juges compétents. La conséquence fut que le public du théâtre qui jadis ne s’exprimait pas se mit à s’exprimer, comme s’il s’entendait à discerner dans le domaine des Muses le beau du laid ; et à une aristocratie dans le domaine des Muses se substitua une “théâtrocratie” dépravée. Et si encore c’eût été une démocratie limitée à la musique et composée d’hommes pourvus d’une culture libérale, ce qui est arrivé n’eût en rien été aussi terrible. Mais ce qui à ce moment-là commença à s’installer chez nous à partir du domaine des Muses, ce fut l’opinion que tout homme s’entendait à tout et qu’il pouvait se mettre en infraction ; et la licence suivit. […] Tout de suite après cette liberté en vient, selon toute vraisemblance, une autre, celle qui refuse d’être l’esclave de ceux qui représentent l’autorité, puis une autre encore, celle qui refuse d’être l’esclave d’un père, d’une mère et des gens plus âgés et d’accepter leurs remontrances. Lorsque l’on approche de la fin du parcours, on cherche à ne pas obéir aux lois […] » Platon, Les Lois.

Production CAC Brétigny