Archives de catégorie : Performances

Les séparations

2017

(livret de partition, 78 p. 320 x 335 mm ; pupitre)

Cette partition graphique pour feedback reprend les tracés des murs de séparation entre deux États actuellement en usage ou en cours de construction. Pour son interprétation, des microphones de contact sont fixés sur chaque mur de l’espace dans lequel a lieu la performance et reliés à autant de haut-parleurs amplifiés, via une table de mixage, afin de produire des boucles de feedback.  Chaque tracé correspond à la variation d’un ou de plusieurs paramètres de la table de mixage. L’interprète suit la ligne du tracé en appliquant ses variations aux réglages des potentiomètres de la table de mixage.

Interprétée par Francisco Meirino le 7/12/2017.

Economic Score – Der Canaletto-Blick

2017

La pièce Economic score consiste en la transposition d’une économie culturelle en partition. La version « Der Canaletto-Blick » comprend 3 tables à utiliser conjointement dans la préparation de l’interprétation. Elle reprend le budget de Kunst am Bau Projekt (commissariat Pierre Bal-Blanc et Kathrin Rhomberg), Erste Campus, Vienne.

Interprétée par Petra Samhaber-Eckhardt (violon), Nina Pohn (violon), Katharina Pöttinger (alto) et Peter Trefflinger (violoncelle), le 23 janvier 2017. Direction et répétitions, Rupert Huber. Le concert comprenait également deux cantates de J.S. Bach sur la dette, entourant la composition et interprétées par un ensemble baroque.

The piece Economic Score – Der Canaletto-Blick set the art in architecture project budget to music in a score whose notes were interwoven and concentrated according to how the money spent on the project was allocated and the frequency with which payments were made.

Credits: © Erste Group Bank AG; Foto Niko Havranek

La capture de l’inaudible (performance)

2016

Performance (voix, logiciel d’encodage, amplification) ; durée environ 40 min.

D’une part, l’inaudible est ici compris au sens de ce qui appartient au royaume des sons ne pouvant être entendus car se situant en-deçà ou au-delà du spectre audible par l’oreille humaine, ou bien masqués par d’autres sons plus forts émis simultanément ou presque. D’autre part, l’inaudible renvoie à ce qui excède l’écoute, sinon l’entendement d’un groupe, d’une communauté, voire d’une société, en tant qu’il est construit socialement, culturellement et historiquement, autrement dit à ce qui ne peut être entendu car demeurant inintelligible pour ce groupe, cette communauté ou cette société, et selon, là aussi, des effets de seuils et de masques. À l’acception phénoménologique de l’inaudible s’adjoint ainsi une acception politique, sans que l’on puisse en réalité tracer une frontière nette entre l’une et l’autre, notamment dès lors que l’on aborde l’écoute en tant que sens pris dans des dispositifs (du reste comme tous les sens), qui l’agencent de manière stratégique, la façonnent techniquement, juridiquement, historiquement et socialement, soit une écoute “appareillée” quand bien même celle-ci ne serait munie d’aucune prothèse visible.

Production Synesthésie – Maintenant.

Economic Score – Soleil politique

2014

La pièce Economic score consiste en la transposition d’une économie culturelle en partition. La version « Soleil politique, 2014 » comprend 3 tables à utiliser conjointement dans la préparation de l’interprétation. Elle reprend le budget de l’exposition Soleil politique (commissariat Pierre Bal-Blanc), Museion, Bolzano, 26/09/2014 – 11/01/2015.

Interprétée par l’ensemble Air-Borne, le mercredi 29 octobre 2014.

The work Economic Score transposes a cultural economy into a musical score. For the version Economic Score: Soleil politique, the exhibition budget, including production costs and private financial support, has been transcribed as a musical score. The score will be performed on October 29, 2014, during Bolzano’s Festival of Contemporary Music. The work refers to aspects of social and economic life that, given their immaterial nature and omnipresence, escape direct perception and yet nevertheless dictate and mold attitudes, discourses, social relations, and daily activities. The ideological imprint of material production is appropriated as a medium in order to investigate the tensions of social space, along with the relation between aesthetic perception and the economic activities that govern it.

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Economic Score – CAC Brétigny

2013

La pièce Economic score consiste en la transposition d’une économie culturelle en partition. La version « CAC Brétigny, 2013 » comprend 3 tables à utiliser conjointement dans la préparation de l’interprétation.

Interprétée par l’ensemble DEDALUS, le samedi 14 décembre 2013

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Brutalised Aesthetics

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2010

Projet réalisé avec Mattin, prenant la forme d’une réfexion sur la démocratie à travers un documentaire sur les révoltes de concert auquel s’associent des actions performées.

« À l’époque, […] il revenait à des hommes qui s’occupaient d’éducation d’écouter l’exécution de ces pièces en silence jusqu’à la fin, tandis que les enfants, leurs pédagogues et la masse du public étaient ramenés à l’ordre par le bâton du service d’ordre. Voilà donc suivant quel type d’ordonnance la masse des citoyens acceptait d’être contrôlée en ces matières sans avoir l’audace de faire du tapage pour exprimer son jugement. Par la suite cependant, à mesure que le temps avançait, apparurent des compositeurs qui commencèrent à violer les règles dans le domaine des Muses […] ils répandirent sur le compte de la musique ce mensonge suivant lequel en musique il n’y avait aucune place pour une quelconque rectitude et que c’est le plaisir de celui qui y trouve sa jouissance, que celui-ci fût meilleur ou pire, qui décidait avec le plus de rectitude. À force de composer de telles œuvres, et d’y ajouter des paroles de ce genre, ils inculquèrent au grand nombre la désobéissance aux règles dans le domaine des Muses, et l’audace de se croire des juges compétents. La conséquence fut que le public du théâtre qui jadis ne s’exprimait pas se mit à s’exprimer, comme s’il s’entendait à discerner dans le domaine des Muses le beau du laid ; et à une aristocratie dans le domaine des Muses se substitua une “théâtrocratie” dépravée. Et si encore c’eût été une démocratie limitée à la musique et composée d’hommes pourvus d’une culture libérale, ce qui est arrivé n’eût en rien été aussi terrible. Mais ce qui à ce moment-là commença à s’installer chez nous à partir du domaine des Muses, ce fut l’opinion que tout homme s’entendait à tout et qu’il pouvait se mettre en infraction ; et la licence suivit. […] Tout de suite après cette liberté en vient, selon toute vraisemblance, une autre, celle qui refuse d’être l’esclave de ceux qui représentent l’autorité, puis une autre encore, celle qui refuse d’être l’esclave d’un père, d’une mère et des gens plus âgés et d’accepter leurs remontrances. Lorsque l’on approche de la fin du parcours, on cherche à ne pas obéir aux lois […] » Platon, Les Lois.

Production CAC Brétigny